Entretien : faire preuve de bon sens

Suite à ma participation il y a un mois à la journée #Dailyjobs à Euratechnologies en tant que recruteur, je voulais faire un retour sur les bonnes et les mauvaises pratiques lors d’un entretien ou d’une prise de contact.

Je ne souhaite accabler personne en particulier mais plutôt attirer l’attention sur des points qui me semblent évidents, mais dont les candidats, par stress ou inexpérience, ne prêtent pas forcément attention.

1. Détendez-vous

Si vous êtes stressés, sachez-le, ça se voit ! Quand une entreprise participe à un salon de recrutement, c’est que cette dernière a un réel besoin, donc on a autant la pression que vous :). Évitez de trembler, ou à l’inverse de débiter votre parcours à mach 20, c’est avant tout un échange et pas un monologue d’un côté comme de l’autre.

2. Le fond et la forme du CV

Même si le poste que vous recherchez est à mille lieues du côté créatif, ce n’est pas une raison pour avoir un cv non mis en forme et en noir et blanc. Il existe un tas de modèle contemporain et design prêt à l’emploi que vous n’avez que l’embarras du choix. Et si c’est pour un poste comme « Webdesigner » ou « Community Manager », le classique N&B sera rédhibitoire.

Pour la forme maintenant :

  • Non un email du type kikoo59@caramail.com n’est pas une bonne idée. Ayez une adresse sobre : prénom, nom, prénom.nom, nom.prénom, etc. Et surtout utilisez une messagerie non liée à votre fournisseur d’accès.
  • Photo : éternel débat, de mon point de vue, à moins d’avoir un métier en relation avec votre physique (présentatrice/présentateur télé, hôtesse/hôte d’accueil, …) n’en mettez pas ! Et si c’est vraiment essentiel pour vous, utilisez une photo bien cadrée et de bonne qualité : pas celle de votre trombinoscope de dernière année d’école scannée à la va-vite.
  • Langue étrangère : j’ai pu constater une déferlante de A1, B2, C4, etc. Sachez que la personne qui vous reçoit n’est pas forcément des ressources humaines et/ou à quitter l’école depuis un moment. Privilégiez donc les descriptions : lu, écrit, parlé / bilingue / technique / langue maternelle. Si vous avez passé un test type TOEIC ou TOEFL, n’oubliez pas votre score et le maximum possible (TOEIC : 945/990)

3. On se connait ?

En 2017, je pense qu’il n’est pas difficile de trouver des informations sur la société dans laquelle vous postulez. J’ai été donc très surpris et déçu d’entendre certaines réponses à ma question : « Vous connaissez Hobbynote ? ». J’ai eu le droit à un peu de tout :

« Non, pas du tout »

« En fait j’ai vu du monde dans la queue »

« Oui mais de nom seulement »

« Oui, mais je n’ai pas eu le temps d’aller sur le site »

« Oui », « Désolé par contre je ne sais pas ce que vous faites »

Sur 45 candidats rencontrés, seulement 1 seul connaissez la société, avait été sur le site et a pu me dire sa campagne préférée.

4. Vos attentes, votre valeur

La relation entre un collaborateur et une entreprise doit être gagnante/gagnante. Vous vous devez donc d’avoir des attentes par rapport à ce que vous allez apporter à la société. J’ai ainsi reçu beaucoup trop de personnes à qui j’ai demandé leurs prétentions salariales me dire « Je ne prétends à rien du tout, je suis junior », « Ce que vous voulez ! », « Je ne sais pas du tout », « Le smic ce sera déjà bien ».

Ce n’est juste pas possible ! Il vous faut connaitre votre positionnement par rapport à la région, l’entreprise et le poste auquel vous aspirez. Donner aussi de préférence une petite fourchette en annuelle brute fixe. Cela permet aux entreprises d’ajuster par rapport à leurs grilles et avatanges sociaux – ex : entre 26K et 28K annuel brut fixe. A contrario évitez les fourchettes trop grandes qui ne veulent rien dire – ex : entre 30K et 50K annuel brut fixe.

Enfin, je préfère que la personne réfléchisse ou fasse un petit calcul plutôt que de tomber sur un salaire totalement déconnecté : un jeune développeur fraichement reconvertit (formation en une centaine d’heures) « Je sais pas, entre 40K et 50K ! … C’est beaucoup ou pas ? ».

5. L’équilibre entre retenue et extravagance

« Venez comme vous êtes » dixit une grande marque, mais pour un entretien, il faut savoir trouver un juste compromis. Trop de retenue et vous passerez pour une personne timide, inversement, trop d’extravagance et vous pourriez faire peur aux recruteurs (sans rire). Il faut aussi savoir faire attention à ce que vous dites, car en face vous avez une autre personne avec sa propre expérience, ses préférences, ses avis. Les personnes pensent souvent à la politique ou la religion, mais en fait tout sujet peut heurter les sensibilités.

Exemple : expliquez à un CTO (auparavant dev front) que :

« Bon, HTML/CSS, voilà quoi… »

« C’est à dire ? »

« Bah, c’est simple, c’est pas du code, une fois qu’on connaît les 3-4 balises c’est bon on à fait le tour »

 » ^_^’ …*croa*…*croa*…*croa*…=D°< « 

Pour finir

En conclusion, j’espère que ces quelques lignes pourront vous éviter de commettre des impairs lors de vos prochains entretiens. Une fois de plus c’est un avis, c’est donc forcément subjectif, il n’y a pas de vérité absolue, juste des constatations après 15 années dans le monde du digitale.

Et n’oubliez pas : en face il y a aussi un être humain, qui est passé par là avant vous ;).

Article publié originellement sur LinkedIn.

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